Intérim 35 h : que faire si vous travaillez moins d’heures que prévu ?

Intérim 35 h : que faire si vous travaillez moins d’heures que prévu ?

Le 26 août 2025 - 7 minutes de lecture
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Vous vous retrouvez face à une mission d’intérim qui ne respecte pas les 35 heures hebdomadaires promises dans votre contrat ? Cette situation concerne de nombreux travailleurs temporaires qui ignorent souvent leurs droits face aux réductions d’heures non justifiées. Découvrez comment faire valoir votre rémunération contractuelle, les recours disponibles et les précautions à prendre pour sécuriser vos horaires et éviter les pertes financières sur vos indemnités.

Ce qu'il faut retenir :

🎯 Droits contractuels Vous avez le droit à la rémunération de 35 heures, même en cas de réduction non justifiée, conformément à votre contrat et au Code du travail.
📝 Contrat écrit Exigez un contrat signé précisant les horaires et la rémunération pour garantir vos droits en cas de litige.
📊 Suivi des heures Tenez un registre précis de vos heures pour vérifier toute réduction injustifiée et préparer vos réclamations.
💸 Impact financier Les réductions d'heures diminuent votre salaire, ainsi que vos indemnités de fin de mission et congés payés, entraînant des pertes financières importantes.
🕒 Recours progressif En cas de réduction injustifiée, contactez d'abord l'agence, puis la DREETS, et enfin le conseil prud'homal si nécessaire, en conservant toutes preuves.
📂 Pièces justificatives Rassemblez contrat, plannings, échanges et bulletins de paie pour appuyer vos démarches et prouver vos droits.
🔍 Vérification Contrôlez que votre fiche de paie reflète bien les heures contractuelles pour éviter une base de calcul réduite des indemnités.
🔄 Négociation écrite Pour toute modification d'horaires, demandez un avenant écrit pour prévenir toute contestation future.
🗂️ Organisation Classez tous les documents dans un dossier unique pour faciliter les démarches et prouver votre sérieux dans la contestation.

💼 Vos droits et rémunération face à une diminution d’heures

Les réductions d’heures non justifiées touchent de nombreux intérimaires sans qu’ils connaissent leurs droits face à cette pratique. Pourtant, votre contrat d’intérim mentionnant 35 heures hebdomadaires vous protège légalement : vous êtes salarié de l’agence d’intérim (ETT), non de l’entreprise utilisatrice, selon les articles L1251-1 à L1251-41 du Code du travail.

L’agence doit vous rémunérer selon les termes contractuels, même si l’activité effective est moindre. Cette obligation résulte de l’article L1251-18 : l’entreprise utilisatrice peut réduire vos heures de travail, mais l’ETT reste tenue de verser l’intégralité de la rémunération prévue pour les 35 heures contractuelles.

💡 En tant qu'intérimaire, votre contrat mentionne généralement 35 heures hebdomadaires, ce qui vous protège légalement contre toute réduction d'heures non justifiée. La loi impose à l'agence d'intérim de respecter cette clause contractuelle, même si l'activité est moindre.

Toute baisse de salaire sans clause spécifique constitue un manquement contractuel. Vous disposez de recours pour exiger le paiement des heures prévues, accompagné parfois d’intérêts de retard selon la durée du litige.

Scénario Nombre d’heures payées Base légale ou contractuelle
Respect strict des 35h 35 heures Contrat
Réduction officielle (clause acceptée) Heures effectuées Clause de modulation
Réduction imposée, non justifiée 35 heures Code du travail

Principe du paiement des 35 h et base légale

Le contrat de travail temporaire, selon le Code du travail, oblige l’agence d’intérim à verser la rémunération contractuelle minimum correspondant au salaire brut pour 35 heures, hors heures complémentaires ou majorations. Cette obligation découle des articles L1251-1 et L1251-18 qui établissent la responsabilité de l’employeur temporaire.

Le contrat de mission doit être écrit et signé, transmis au salarié dans les 2 jours ouvrables suivant sa mise à disposition. Il contient les conditions de rémunération et la durée du travail, créant un engagement juridique ferme entre les parties.

La convention collective applicable peut prévoir des dispositions plus favorables que le Code du travail. Vérifiez systématiquement ces accords pour connaître vos droits supplémentaires, notamment sur les modalités de paiement des heures prévues lors de variations d’activité.

💡 La rémunération doit toujours être calculée sur la base des heures contractuelles, soit 35 heures par semaine, conformément aux articles L1251-1 et L1251-18 du Code du travail. Toute baisse sans clause spécifique constitue un manquement contractuel.

Clause de variabilité et exceptions légales

La période de souplesse concerne uniquement la durée du contrat en jours ou semaines, non le nombre d’heures hebdomadaires. Elle permet de prolonger ou raccourcir légèrement la mission temporaire, sans impact sur les 35 heures contractuelles qui restent dues chaque semaine.

La clause de variabilité du temps de travail doit être expressément mentionnée au contrat pour valoir. Elle impose des conditions strictes : mention expresse, limites temporelles définies, information préalable écrite et respect des bornes légales. Toute modulation sans avenant écrit peut être contestée comme manquement contractuel.

Les horaires variables doivent être définis au départ sous forme de planning indicatif accepté par les deux parties. Sans clause particulière dans un contrat à temps plein de 35 heures, toute réduction non justifiée constitue une infraction au Code du travail et peut donner lieu à réclamation auprès des instances compétentes.

💰 Impacts financiers et précautions à prendre

Une rémunération réduite artificiellement par rapport aux 35 heures contractuelles génère des pertes financières en cascade. Les indemnités de fin de mission (IFM) représentent environ 10 % du salaire brut total, tandis que les indemnités compensatrices de congés payés (ICCP) atteignent également 10 %. Ces montants se calculent sur la base salariale inscrite en paie.

Un exemple concret : pour une mission de 4 semaines avec contrat de 35h/semaine au SMIC horaire (11,65 €), le salaire brut prévu s’élève à 1 631 € (140 heures). Si seules 25 heures sont payées par semaine (100 heures au total), votre salaire brut tombe à 1 165 €, réduisant l’IFM de 163 € à 116 € et l’ICCP dans les mêmes proportions.

Le suivi rigoureux des bulletins de salaire dès la première anomalie permet de détecter ces réductions injustifiées. Exigez le décompte détaillé en fin de mission pour vérifier que les indemnités correspondent bien aux heures contractuellement prévues, non aux seules heures effectuées.

💡 La clause de variabilité du temps de travail doit être explicitement mentionnée dans le contrat. Elle permet une certaine flexibilité, mais dans le respect des limites légales et avec une information préalable écrite pour éviter toute contestation.

Effets sur les indemnités de fin de mission et congés payés

Le calcul des indemnités IFM et ICCP s’effectue sur le salaire brut total validé officiellement. Si la fiche de paie retient uniquement les heures effectuées au lieu des heures contractuelles, l’ensemble des indemnités sera calculé sur cette base réduite, créant une double perte financière.

Cette mécanique explique pourquoi certains employeurs temporaires tentent de réduire artificiellement la base de calcul. Une vigilance constante s’impose : conservez tous les documents prouvant les heures prévues au contrat original pour réclamation ultérieure si nécessaire.

Bonnes pratiques pour anticiper et sécuriser vos horaires

Avant démarrage de la mission, exigez une copie écrite du contrat avec les horaires précis et un planning indicatif. Demandez systématiquement un avenant écrit en cas de modification récurrente des horaires pour éviter toute contestation ultérieure.

Tenez un registre quotidien des heures réalisées via un tableau Excel, une application mobile ou un agenda papier. Cette traçabilité constitue une preuve essentielle en cas de litige avec l’agence ou l’entreprise utilisatrice.

Si vous travaillez en équipes selon un planning spécifique, informez-vous sur les règles applicables. Tout savoir sur le travail en 3×8 vous éclairera sur les implications et contraintes de ces organisations temporelles complexes.

💡 Conservez tous les documents liés à votre mission (contrats, plannings, bulletins) pour pouvoir vérifier que vos heures contractuelles ont été respectées. Cette traçabilité est essentielle en cas de litige pour faire valoir vos droits.

🕒 Recours et démarches en cas de non-respect des horaires

Face à une réduction d’heures non justifiée, trois étapes progressives permettent de faire valoir vos droits contractuels. Respectez cet ordre pour maximiser vos chances de résolution : contact écrit avec l’agence, saisine de la DREETS pour médiation gratuite, puis recours prud’homal si nécessaire.

Cette progression respecte le principe de résolution amiable avant contentieux. Chaque étape doit être documentée et conservée comme preuve de vos démarches. L’estimation des coûts d’une procédure contentieuse (frais d’avocat, délais) doit être mise en balance avec les sommes réclamées.

La documentation complète de votre dossier (contrat, plannings, échanges, bulletins) constitue le socle de toute réclamation efficace. Plus votre dossier est étoffé, plus vos chances de succès augmentent auprès des différentes instances saisies.

Contacter l’agence, la DREETS et le conseil de prud’hommes

Votre courrier à l’agence doit exposer factuellement les écarts constatés entre contrat et réalité, citer les références contractuelles précises et fixer un délai raisonnable (15 jours) pour régularisation. Utilisez un envoi recommandé avec accusé de réception pour traçabilité.

La DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) propose un service public gratuit de conseil et médiation. Consultez le site service-public.fr pour prendre rendez-vous. Cette saisine reste confidentielle : les entreprises concernées ne sont pas informées de votre démarche.

Le Conseil de prud’hommes constitue le dernier recours juridictionnel. La procédure comprend une phase de conciliation obligatoire, puis un jugement si aucun accord n’est trouvé. Les délais moyens varient de 12 à 18 mois selon les juridictions, mais un référé peut être demandé en cas d’urgence.

Pièces justificatives à rassembler pour appuyer votre réclamation

Constituez un dossier chronologique avec les pièces essentielles suivantes :

  • Contrat d’intérim original mentionnant les 35 heures hebdomadaires
  • Plannings officiels et feuilles de présence signées par l’entreprise utilisatrice
  • Échanges écrits (e-mails, courriers) concernant la modification des horaires
  • Bulletins de paie et fiches de paie détaillées montrant les écarts

Chaque document fait office de preuve devant l’agence ou le juge prud’homal. Les échanges écrits prouvent la bonne foi de vos démarches et établissent la chronologie des faits contestés.

Classez ces documents dans un dossier unique avec onglets thématiques. Cette organisation facilite la consultation lors des échanges avec les différents intervenants (agence, DREETS, avocat) et démontre le sérieux de votre approche.

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